Alsace : Urgences débordées après les explosions de pétards et mortiers du Nouvel An
À Strasbourg, la nuit du Nouvel An se transforme en cauchemar aux urgences. Entre pétards et mortiers, jeunes et adultes arrivent avec des mains mutilées, brûlées ou fracturées. En quelques heures, les chirurgiens se succèdent pour tenter de sauver doigts et mains arrachés par les explosions.
Publié le 01/01/2026 20:45 Mis à jour le 01/01/2026 20:46
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À Strasbourg, la nuit du Nouvel An se transforme en cauchemar aux urgences. Entre pétards et mortiers, jeunes et adultes arrivent avec des mains mutilées, brûlées ou fracturées. En quelques heures, les chirurgiens se succèdent pour tenter de sauver doigts et mains arrachés par les explosions.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Minuit sonne à peine aux urgences de Strasbourg (Bas-Rhin). Marwan, un jeune homme de 17 ans, arrive avec la main ensanglantée, brûlée et une phalange fracturée. Une blessure grave provoquée par un pétard. Pour éviter une infection, il doit rapidement entrer au bloc opératoire. Une intervention habituelle en fin d'année pour l'équipe médicale, renforcée pour l'occasion. "On voit presque ça que le 31 décembre", confie une infirmière. L'opération dure entre 15 et 30 minutes, une éternité pour sa mère en salle d'attente, encore sous le choc : "Il sait parfaitement que c'est dangereux, maintenant je pense qu'il a compris et qu'il ne le refera pas l'année prochaine."
En Alsace, la tradition des pétards perdure. Malgré les risques, certains parents jouent même avec leurs très jeunes enfants. Cette année, les autorités ont limité la gamme des artifices autorisés, mais il reste possible d'en acheter. Un riverain explique : "Les gens arrivent toujours à se procurer ce qu'ils veulent. Il y a des ventes dans les magasins, dans les tabacs. En général, ce sont des ventes légales."
Le plus dangereux reste les mortiers, des engins puissants qui ont déjà fait de nombreuses victimes. Un chirurgien tente de sauver la main gravement touchée d’un homme d’une trentaine d’années. Une intervention minutieuse d’une heure et demie. Dimitri Giannikas, chirurgien spécialisé dans la chirurgie de la main, explique : "C'est un pétard assez costaud qui a fait sauter les deux phalanges. Ce n’est pas facile de faire sauter deux phalanges. Et il a aussi causé des fractures qui sont des fractures fermées."
Quelques minutes plus tard, un autre jeune homme devient victime d’un mortier : il perd son majeur de la main dominante. À 20 ans, c’est un coup dur. Conscient du danger, il regrette son geste : "Je comprends, en fait, que c'est interdit et tout. Mais maintenant, ça m'a servi de leçon, un doigt en moins."
Toute la nuit, les opérations se succèdent pour tenter de sauver les mains et les doigts arrachés par les explosions. Les heures passent et les lits ne désemplissent pas. Il faut tenir le rythme et rassurer les nouveaux mutilés. Jean Decock, 35 ans, raconte :