« Antidote à la morosité »… Les bains de Nouvel an, une tradition pour commencer l’année
Partout en France, des baigneurs s’élancent dans les eaux souvent glaciales pour célébrer le passage à la nouvelle année
Pour un début d’année vivifié, pour se lancer un défi ou éliminer les excès des fêtes, le bain du Nouvel an est une tradition pratiquée partout dans le monde. En France, de la Manche à la Méditerranée, des milliers de baigneurs courageux osent se jeter à l’eau chaque année le 1er janvier.
À Marseille, pour la deuxième année consécutive, l’association Les Libres Nageurs donne rendez-vous dans le 8e arrondissement, plage du Prado Nord-Petit Roucas, pour un bain festif et ouvert à tous. « C’est le meilleur antidote contre la morosité que je connaisse, confie Benjamin Clasen, président de l’association. Cela donne un coup de vitalité et de bonne humeur. »
« Canards givrés » et « bain de midi »
L’année dernière, malgré le mauvais temps, une centaine de personnes se sont jetées à l’eau. Un début encourageant pour le Marseillais qui aimerait faire de cette baignade « un moment joyeux et rassembleur ». « La ville s’y prête tellement bien avec belles plages, un climat extraordinaire et ce sens de la fête », poursuit-il. Jeudi, la température de l’eau devrait être comprise entre 14 et 16 degrés.
Les Libres Nageurs se sont lancés dans cette organisation après la participation deux membres de l’association au bain de Dinard, en Ille-et-Vilaine. Organisé le 31 décembre pour célébrer la fin de l’année, ce dernier rassemble plus de 2.000 personnes chaque année. Plus largement en France, cette tradition du « plouf » de Nouvel an se retrouve autant sur les plages du Finistère que sur celles du Nord. À Dunkerque, par exemple, les « givrés » s’élancent chaque année dans les vagues. À La Baule, en Loire-Atlantique, ce sont les « canards givrés ». Le sud de la France n’est pas en reste : dans le Pays basque, à Anglet, le passage à la nouvelle année dans l’eau salée, lancé il y a dix ans, est appelé « bain de midi ».
Polar Bear Swim Club
Difficile de retrouver la paternité du bain de mer hivernal. Dans Le Point, Philippe Stefanini, auteur de Se baigner dans l’eau froide, c’est parti ! (éd. Jouvence) évoque des traces de cette pratique ancienne au Groenland, en Inde, en Chine ou encore au Tibet. En Suède, les kallbadhus, « centres de bains froids », font partie de la culture depuis la fin du XIXe siècle.
Quant au bain pour célébrer le Nouvel an, « comme beaucoup de pratiques liées au sport, cela vient plutôt du monde anglo-saxon », explique Benjamin Clasen, des Libres Nageurs. En Amérique du Nord on parle en effet du « bain de l’ours polaire », qui consiste à se baigner dans l’eau glacée, parfois pour une cause associative. Au , à Vancouver, la première organisation « Vancouver Polar Bear Swim Club » remonte à 1920 « lorsqu’un petit nombre de nageurs se sont jetés dans la baie des Anglais le jour de l’An », précise le site Internet de la ville. En 2025, 13.265 personnes se sont inscrites pour se jeter dans une eau à 7 degrés. À , le « Coney Island Polar Bear Club », club de baignade hivernale qui se réunit chaque dimanche, organise lui aussi un bain annuel pour le premier jour de l’année, ouvert à tous, depuis 1903.