Bordeaux : Un ancien instituteur sera jugé pour le viol de 17 élèves et six autres agressions sexuelles
Un ex-instituteur d’un établissement privé de Bordeaux sera jugé pour viol sur 17 élèves ainsi que pour agression sexuelle sur six autres. Une trentaine de victimes ont pour l’instant été identifiées
Un ancien enseignant du très prisé ensemble scolaire catholique Saint-Genès La Salle, à Bordeaux, sera jugé pour les viols de 17 élèves et les agressions sexuelles de six autres, a appris l’AFP d’une source judiciaire. Le père de famille de 54 ans encourt 20 ans de réclusion et reconnaît partiellement les faits. Une trentaine de victimes au total, des fillettes de 10 et 11 ans à l’époque, ont été identifiées.
Selon son avocat, Me Éric Grosselle, le mis en cause « conteste les faits les plus graves », pour lesquels il n’existe « aucune preuve ». L’instituteur avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin 2023, dénoncé par des élèves de CM2 qu’il avait filmées sous la douche, lors d’un séjour sur le bassin d’Arcachon, en plaçant son téléphone sous la porte des cabines.
Une enquête avait été ouverte sur ces faits de voyeurisme et des photos saisies sur l’ordinateur de l’enseignant avaient conduit à le mettre en cause, également, pour des agressions sexuelles commises lors de voyages scolaires depuis 2017 – faits qu’il avait reconnus en garde à vue, selon le parquet. L’information judiciaire a ensuite été étendue à des faits de viol, dénoncés par 17 anciennes élèves sur une période allant de 2008 à 2012, et que le mis en cause conteste.
Un « jeu du goût » déjà signalé en 2011
Les plaignantes l’accusent d’avoir pratiqué à l’époque dans sa classe, à la pause de midi, un « jeu du goût » consistant à leur faire deviner des aliments, les yeux bandés, afin d’introduire son sexe dans leur bouche.
Selon un courrier de 2011 versé au dossier, la direction de l’établissement, alertée par une mère d’élève sur l’existence de ce « jeu », avait alors convoqué l’enseignant. À l’issue de cet « entretien de clarification », il avait été rappelé à l’ordre, sans autre procédure ni investigations.
En novembre dernier, des parents ont déposé une plainte contre X pour non-dénonciation de crime, visant également le chef d’établissement à l’époque, cosignataire du courrier adressé en 2011 à l’enseignant. Douze ans plus tard, quelques jours après la mise en examen de celui-ci, l’autre signataire, qui dirigeait l’école primaire au sein de l’ensemble scolaire, s’était suicidé en se jetant sous un train.
« Un climat de silence préoccupant »
Outre le signalement de 2011, la plainte rapporte qu’avant les séances de sport, l’enseignant « séparait les élèves par sexe » et demandait aux filles de se changer dans la classe, sous sa surveillance, un fait qui aurait été connu dans l’école.
« Les éléments versés au dossier révèlent un climat de silence préoccupant », alors que « certains faits auraient dû alerter et conduire à des mesures fermes et immédiates », estime le conseil des parents, Me Darmon.