Bouches-du-Rhône : Prison ferme pour l’achat en ligne d’une poupée « pédopornographique »
Cet électromécanicien de 56 ans a été reconnu coupable vendredi « d’importation » et de « tentative de détention » de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique
Il a écopé de six mois ferme sous bracelet électronique. Un homme de 56 ans a été condamné vendredi à Aix-en-Provence pour avoir commandé une poupée sexuelle d’apparence enfantine, en pleine polémique sur la vente de ce type d’objets par des plateformes chinoises. « Je n’ai pas de tendances pédophiles », « je n’ai aucune attirance sexuelle pour les enfants », a assuré le prévenu à l’audience, un électromécanicien de 56 ans.
Pressé par l’avocat de la partie civile, l’association Parole d’enfant, sur un potentiel usage de la poupée pour se masturber, évoqué lors d’un interrogatoire de police, il admet avoir « effectivement envisagé cette possibilité ».
Déjà condamné pour agression sexuelle
L’affaire avait débuté quand des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) sur la découverte, dans un colis en provenance de Chine, d’une poupée de ce type. Il avait passé commande sur Hydoll.fr, un site spécialisé dans la vente de poupées sexuelles appartenant à une compagnie hongkongaise et librement accessible en France.
Mais pour lui, ce « mannequin articulé » devait lui servir à s’entraîner pour donner des cours, évoquant son « rêve » de devenir enseignant, il souhaitait une telle poupée pour se filmer « et faire l’autoévaluation de (sa) manière d’être quand (il) parle. »
Face à ses dénégations, la présidente du tribunal correctionnel est revenue plusieurs fois à la charge, évoquant « une poupée sexuelle d’apparence infantile » avec « un orifice au niveau des parties génitales pour pouvoir être pénétrée. »
Et le tribunal de rappeler que l’homme, deux fois divorcé, avait déjà été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir sexuellement agressé une de ses filles, qui avait évoqué des « attouchements sexuels » et une pénétration avec des doigts. Des images « pédopornographiques » avaient également été retrouvées sur son ordinateur - parfois « des gosses qui font des fellations. »
Au final il a été reconnu coupable « d’importation » et de « tentative de détention » de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique et condamné à 18 mois de prison dont six mois ferme. Les douze autres mois sont assortis d’un sursis probatoire, conditionné par une obligation de se soigner.
« La taille d’un enfant »
Il écope également d’une interdiction d’exercer toute profession en contact avec des mineurs pendant cinq ans. Et d’une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Le parquet avait requis 12 mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans avec obligation de soins psychiatriques. Pour le procureur, le mannequin mesure 1m30 - « la taille d’un enfant » donc « il ne s’agit absolument pas d’une poupée banale ». « Le danger c’est que vous puissiez éventuellement passer à l’acte avec de vrais enfants », a-t-il mis en garde.