Budget 2026 : La dissolution n’aurait « aucun sens » pour François Hollande, qui appelle Lecornu à utiliser le 49.3
L’ancien président de la République a réagi sur France Inter au spectre de la dissolution brandi par l’exécutif en cas de censure du gouvernement, qui pourrait intervenir cette semaine
La menace de dissolution agitée par l’exécutif en réponse aux motions de censure de LFI et du RN « n’a aucun sens », a affirmé ce dimanche François Hollande, qui encourage de nouveau Sébastien Lecornu à faire usage du 49.3 pour faire adopter le budget. « Le rôle d’un Premier ministre […] c’est quand même de mettre un peu de stabilité là où il y a de l’inquiétude », a affirmé l’ancien président de la République, invité de l’émission « Questions politiques » sur France Inter/FranceInfo/Le Monde.
« On ne doit pas parler de dissolution. […]. Les maires qui préparent des élections municipales se disent : "Mais est-ce qu’on ne va pas avoir une interférence des élections législatives sur les élections municipales ?" Donc ça n’a aucun sens », a tranché le député socialiste de Corrèze. « Ce n’est pas comme ça qu’il faut procéder […]. Il faut chercher la stabilité. Et pour trouver la stabilité, il faut chercher des compromis », a-t-il tancé.
Des motions de censure « inappropriées »
L’exécutif a agité vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu’il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars. Il réagissait notamment aux motions de censure promises par le RN et LFI pour protester contre la signature annoncée du traité de libre-échange avec le Mercosur sud-américain, malgré le vote contre de la France.
Des motions que François Hollande ne votera pas, les jugeant « inappropriées ». D’abord « parce que la France a voté contre cet accord » comme le lui avait demandé l’Assemblée nationale, mais aussi parce que le débat va s’engager « au Parlement européen ».
Le 49.3, « seule procédure qui convienne »
A l’avant-veille de l’arrivée du budget de l’Etat dans l’hémicycle, François Hollande a de nouveau invité le Premier ministre à utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui lui permet de faire adopter le texte mais l’expose à une censure : « On connaît les conditions du compromis mais je pense que sur le budget, ça suffit. Ça suffit de laisser passer du temps parce que les Français, là aussi, ils attendent un cadre » pour investir ou consommer, a-t-il plaidé.