"Ce qui est en jeu, c'est la dignité des peuples" : des milliers de Colombiens manifestent contre l'impérialisme américain
Le président colombien Gustavo Petro avait lancé un appel à manifester mercredi dans toute la Colombie, défiant ainsi la menace de Donald Trump.
Le président colombien Gustavo Petro avait lancé un appel à manifester mercredi dans toute la Colombie, défiant ainsi la menace de Donald Trump.
Radio France
Publié le 08/01/2026 10:03
Temps de lecture : 3min
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La foule rassemblée à Bogota le 7 janvier 2026 pour dénoncer l'interventionnisme états-unien en Amérique latine (FAUSTINE CALMEL / BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE)
À l'appel de leur président Gustavo Petro, des dizaines de milliers de Colombiens se sont rassemblés mercredi 7 janvier sur les places du pays, pour dénoncer l'opération menée par les Etats-Unis au Venezuela, mais aussi plus largement, l'impérialisme américain et le risque de déstabilisation qui pèse désormais sur toute la région. Dans ce pays longtemps ami des Etats-Unis, la contestation monte, et elle concerne désormais toutes les couches de la société.
La place Bolivar de Bogota est remplie de banderoles. De nombreux syndicats sont présents, mais aussi des fonctionnaires, de jeunes gens, comme des moins jeunes, une foule hétéroclite dans laquelle Juan avance à petits pas. "Je suis en train de vivre les pires atrocités de l'empire américain. Ce Trump est un salaud. Je ne vois pas d'où il s'arroge le droit d'humilier un peuple. Il se croit omnipotent", peste-t-il.
Le président américain est devenu la bête noire des manifestants depuis qu'il a traité Gustavo Petro de "malade qui aime prendre de la cocaïne". Luisa Maria est étudiante en communication, et se montre à la fois en colère et inquiète. "Ce qui me choque le plus c'est que les Etats-Unis pensent avoir le pouvoir et la capacité militaire d'envahir les pays latino-américains. Ce que font les Etats-Unis au Venezuela pour prendre leur pétrole, cela ne me surprendrait pas qu'il fasse la même chose pour les ressources naturelles de notre pays", confie-t-elle.
À ses côtés, Angela, une cycliste professionnelle francophone, approuve. "On ne respecte pas les droits humains, on ne respecte pas la Constitution du pays. Si on ne respecte pas le Venezuela, on ne respecte pas l'Amérique latine. Je n'aime pas ça... et je préfère acheter chinois qu'américain", sourit-elle.
Un homme passe, muni d'une pancarte insultant les , ce terme utilisé en Amérique latine pour désigner un étranger, en particulier d'origine américaine ou britannique. Maria tient la sienne à bout de bras. . Face à l'interventionnisme américain, cette professeure défend l'union des pays latino-américains.
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