"C’est la jungle" : dans le football amateur aussi, les transferts animent l'hiver
Même en quatrième division et en-dessous, certains clubs perdent leurs cadres et d'autres veulent se renforcer durant le mercato d'hiver.
Noël n’est pas que pour les riches. Alors que s’est ouvert jeudi 1er janvier le mercato d’hiver chez les professionnels, les clubs amateurs ont aussi pris l’habitude de préparer leurs emplettes pendant les fêtes. Loin des transactions aux indénombrables zéros, les clubs de National 2 (quatrième division) et des échelons inférieurs sont aussi sujets aux mutations de joueurs, sans indemnité de transfert mais avec des négociations aussi âpres.
Si les clubs amateurs sont autorisés à recruter sans discontinuer entre début juin et le 31 janvier, beaucoup de clubs attendent la mi-saison pour retoucher leur effectif. Comme dans l’élite, l’hiver est une période redoutée des clubs modestes, qui peuvent perdre leurs meilleurs joueurs. "On a nos deux flèches offensives qui sont parties en une semaine", déplore Fabrice Fontaine, entraîneur du FC Chauray (Deux-Sèvres) en National 2 (quatrième division). Pierre Bertrand-Arné (25 ans) et Jérôme Lemoine (27 ans), auteurs de cinq buts et six passes décisives cumulés en championnat cette saison, viennent de quitter Chauray pour rejoindre respectivement les Girondins de Bordeaux et le GOAL FC, pensionnaires de N2 plus fortunés.
Contrairement au monde professionnel, il n’est pas question de compensation financière à ce niveau. “Il y a très peu de transferts d'argent, explique Fabrice Fontaine. Mais vous pouvez discuter de plein de clauses, comme une prime à la revente si le joueur est revendu en Ligue 1, Ligue 2 ou à l'étranger.”
Si certains clubs parviennent à retenir des joueurs sollicités jusqu’à la fin de saison, peu s’opposent à une velléité de départ. "Quand vous parlez des Girondins de Bordeaux, même moi, l'entraîneur, je lui dis : 'il faut que tu y ailles', admet l’ancien préparateur physique des Chamois niortais. On sait qu'on va perdre un élément cadre mais quand on fait ce métier, on est dans le projet du joueur également. Quand c’est une suite logique, on n'a pas trop d'arguments pour les retenir. Sauf parfois, et ça arrive que ça marche, le côté humain."
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Le joueur de Chauray Alexy do Rogeiro au duel avec un joueur des Girondins de Bordeaux lors de la rencontre entre les deux clubs, le 1er novembre 2025 au Stade René-Gaillard de Niort. (BENOIT FELACE / MAXPPP)
Il faut surtout vite tourner la page, et compenser les départs malgré des budgets souvent serrés. "C'est le jeu du chat et de la souris : on anticipe des potentiels départs et également des potentielles arrivées lorsqu'on doit se renforcer, développe le technicien.
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