Claudine Beccarie, icône oubliée de « la France porno » des années 1970
« 1975-1976, les années “classées X” » (3/6). Jusqu’alors cantonnée aux rôles de doublure et à des films confidentiels, cette jeune actrice française connaît, en 1975, une célébrité fugace avec « Exhibition », un pseudo-documentaire qui incarne à sa façon cette époque très particulière.
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KEYSTONE-FRANCE
1975-1976, les années « classées X »
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
1975-1976, les années « classées X »
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Publié hier à 19h00, modifié à 14h47
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Série« 1975-1976, les années “classées X” » (3/6). Jusqu’alors cantonnée aux rôles de doublure et à des films confidentiels, cette jeune actrice française connaît, en 1975, une célébrité fugace avec « Exhibition », un pseudo-documentaire qui incarne à sa façon cette époque très particulière.
Claudine Beccarie restera l’une des personnalités marquantes de l’année 1975, en tout cas la figure de proue de ce que Paris Match appelle alors, en feignant de s’en indigner, « la France porno ». En septembre 1975, le magazine Lui la présente même comme la seule rivale française de Linda Lovelace, l’actrice américaine du célèbre film Gorge profonde (Gerard Damiano, 1972).
L’époque se prête à la célébration de telles icônes. La France est alors en pleine effervescence au sujet du cinéma pornographique. Un homme, surtout, fait débat : le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Guy. C’est lui qui, en avril 1975, a décidé d’assouplir la censure cinématographique, préférant laisser les citoyens majeurs seuls juges des spectacles qu’ils peuvent voir. Et c’est ainsi que des films aux titres aussi évocateurs que Les Jouisseuses (Lucien Hustaix, 1975), ou Furies porno (Radley Metzger, 1974), ont pu être projetés dans des complexes Gaumont ou UGC. Elle-même à l’affiche d’Exhibition de Jean-François Davy (1945-2025), sorti en salle en juin 1975, Claudine Beccarie a attiré 2 millions de spectateurs.
Selon la légende, Davy, jusqu’alors réalisateur de comédies paillardes, aurait été subjugué par sa personnalité sur le tournage de (1975) de son confrère Paul Vecchialli (1930-2023). Ce dernier, cinéaste coté parmi les cinéphiles, tente à ce moment-là de réaliser un film qui soit à la fois d’auteur et pornographique. Pour inattendu que ce soit de nos jours, cette tentative . Beccarie y exécute les scènes explicites que le reste du casting se refuse (ou ne parvient pas) à tourner.