Colère agricole : face aux actions des agriculteurs, le gouvernement contraint à un jeu d'équilibriste
L'exécutif a haussé le ton, jeudi, en condamnant les actions des agriculteurs à Paris. Mais il a aussi laissé les manifestants marquer le coup avec des images symboliques dans la capitale.
L'exécutif a haussé le ton, jeudi, en condamnant les actions des agriculteurs à Paris. Mais il a aussi laissé les manifestants marquer le coup avec des images symboliques dans la capitale.
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Radio France
Publié le 08/01/2026 17:01
Temps de lecture : 3min
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Des agriculteurs manifestent devant l'Assemblée nationale, le 8 janvier 2026 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)
Les agriculteurs sont entrés dans Paris, jeudi 8 janvier, pour porter leurs revendications sur les abattages de troupeaux et l'accord avec le Mercosur. Face à cette colère, le gouvernement a haussé le ton. La porte-parole du gouvernement n'hésite pas sur franceinfo à parler d'actions "pas acceptables", voire "illégales", Maud Bregeon assure "que le gouvernement ne laissera pas faire".
Le ministère de l'Intérieur, lui, fait valoir que des tracteurs ont "contourné et forcé, parfois en prenant des risques totalement inconsidérés, les barrages mis en place" autour de la capitale. Une fermeté affichée, mais un ton forcément plus mesuré du côté de la ministre de l'Agriculture. Annie Genevard met en avant des "inquiétudes et revendications légitimes", tout en appelant les agriculteurs au "calme, au sens des responsabilités et au dialogue". L'exécutif est contraint à un équilibre subtil : laisser la colère s'exprimer et permettre aux agriculteurs de marquer le coup avec ces images symboliques dans Paris - car dans les faits, les membres de la Coordination rurale ont bien pu approcher de l'Assemblée nationale - mais le gouvernement veut en même temps empêcher les débordements, le désordre et les blocages.
À Matignon, on surveille évidemment la situation comme le lait sur le feu, et l'entourage de Sébastien Lecornu insiste sur le fait que le Premier ministre est pleinement mobilisé sur les questions agricoles depuis des semaines. Et liste tout ce qu'il a fait : réunions avec les syndicats agricoles - avant les vacances de Noël, et à nouveau cette semaine - à chaque fois assorties de courriers aux agriculteurs avec des engagements. Et bien sûr une opposition au traité de libre-échange avec les pays du Mercosur maintes fois répétée. Sauf que, pour l'instant, ces initiatives n'ont pas fait rentrer tous les agriculteurs dans leurs fermes. confie un macroniste spécialiste des dossiers agricoles, car