« Donald Trump tiraillé entre les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite »
Le président américain est pressé par Mohammed Ben Salman de s’opposer à la stratégie séparatiste des Emirats au Soudan, et plus encore au Yémen, analyse dans sa chronique Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Sciences Po.
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Chronique
[
Jean-Pierre Filiu
Professeur des universités à Sciences Po
](https://www.lemonde.fr/signataires/jean-pierre-filiu/)
Le président américain est pressé par Mohammed Ben Salman de s’opposer à la stratégie séparatiste des Emirats au Soudan, et plus encore au Yémen, analyse dans sa chronique Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Sciences Po.
Publié hier à 07h00 Temps de Lecture 4 min. Read in English
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Le traité de paix signé sous l’égide de Donald Trump, en septembre 2020, entre Israël et les Emirats arabes unis représente le premier partenariat stratégique entre l’Etat hébreu et un Etat arabe. Il est aussi le premier et le plus solide des « accords d’Abraham », les trois autres accords de normalisation ayant été conclus entre Israël et Bahreïn, le Maroc et le Soudan.
Aucun de ces accords n’a permis la moindre avancée dans le règlement du conflit israélo-palestinien, ni avant, ni après le 7 octobre 2023. En revanche, le parallèle s’impose de plus en plus entre l’impunité dont jouissent Israël et les Emirats arabes unis dans leur projection agressive de puissance sur l’ensemble du Moyen-Orient. Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, a d’ailleurs repris à son compte la référence martiale à Sparte qui était jusque-là réservée à la fédération d’émirats présidée par Mohammed Ben Zayed.
Que les deux dirigeants israélien et émirati se soucient aussi peu l’un que l’autre du droit international n’est pas une nouveauté. Qu’un dirigeant arabe puisse ouvertement défier Washington et persister à le faire est plus intrigant. Le mélange des genres que pratiquent Donald Trump et son administration explique en partie cette indulgence manifeste envers les Emirats arabes unis.
Des tensions croissantes entre Abou Dhabi et Riyad
En mai, non seulement Mohammed Ben Zayed promet 1 400 milliards de dollars (1 200 milliards d’euros) d’investissements aux Etats-Unis sur dix ans, mais un de ses frères investit fondée par Donald Trump (et ses trois fils) peu avant sa réélection. Le président américain, rencontrant un autre frère de son homologue émirati, en octobre en Egypte, commente d’ailleurs avec gourmandise : Mais la complaisance des Etats-Unis envers les Emirats se heurte désormais aux exigences de l’Arabie saoudite.