Drame de Crans-Montana : l’insoutenable attente des familles
Pour les familles qui sont toujours sans nouvelles de leurs proches, les heures d’angoisse deviennent insupportables. Au cours du drame de Crans-Montana (Suisse), la quasi-totalité des victimes sont de jeunes personnes venues fêter le passage à la nouvelle année. Le dernier bilan provisoire fait état de 40 morts.
Publié le 02/01/2026 21:08 Mis à jour le 02/01/2026 23:59
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Pour les familles qui sont toujours sans nouvelles de leurs proches, les heures d’angoisse deviennent insupportables. Au cours du drame de Crans-Montana (Suisse), la quasi-totalité des victimes sont de jeunes personnes venues fêter le passage à la nouvelle année. Le dernier bilan provisoire fait état de 40 morts.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Sur les images, la détresse et l'indicible douleur d’un père, ses jambes ne le portent plus. Son fils était dans le bar le soir du drame. On ignore s'il est blessé ou décédé.
Une mère témoigne. Elle aussi est très éprouvée. Elle recherche sans relâche son enfant. Partout, elle diffuse la photo de Thomas, 16 ans, dont elle est sans nouvelles depuis le réveillon. Elle raconte son histoire devant toutes les caméras dans l'espoir d'enfin savoir ce qui est arrivé à son fils."Mais même si j'étais dans un hôpital (...) même s'il est à la morgue, je dois être à côté de mon enfant. Je n'ai pas à être ici. Je ne sers à rien là. Je ne peux pas attendre. Je suis une maman, je veux être auprès de mon enfant, mort ou vivant. Je dois être auprès de lui. Je l'ai mis au monde", déclare Laetitia Brodard-Sitre, mère d’Arthur, porté disparu.
Sur les réseaux sociaux, les appels des familles se multiplient pour trouver un enfant, un frère, un cousin. Un jeune homme est fou d'inquiétude. Sa petite sœur de 15 ans a disparu. "Elle est arrivée vers une heure et, après, à une heure quarante, je suis passé devant pour lui dire bonjour et j'ai vu qu'il y avait du feu. J'ai vu qu'il y avait des gens, la police ne me laissait pas passer. J'ai quand même essayé de passer, mais ils m'en empêchaient physiquement. Du coup, je n'ai rien pu faire à ce moment-là. Après, j'ai essayé de la trouver", raconte Romain Kallergis.
Pour certains, l'attente insoutenable a pris fin. Un père qui vient de rendre visite à l’hôpital à son fils ayant été brûlé sur 40 % du corps. La nuit du drame, il a pu se rendre devant le bar et récupérer son fils sorti des flammes. Il a alors vu le chaos. "Mon fils m’a dit 'papa ça fait mal, je ne me sens vraiment pas bien. J’ai mal aux mains'. Tout le monde avait les mains dans cet état", témoigne Umberto Marcucci, père de l'adolescent blessé.
En fin de journée, les cloches de certaines églises suisses retentissent en hommage aux victimes de l'incendie. Pour le deuxième soir consécutif, spontanément, de nombreuses personnes se sont retrouvées devant le bar, motivées par le besoin d’être ensemble et de témoigner leur solidarité.