Du “marché de réparation” à l’arrêt Bosman, comment est né le mercato d’hiver
La fenêtre hivernale des transferts s’ouvre jeudi en Ligue 1, elle s'étendra jusqu'au 2 février, 20 heures.
La fenêtre hivernale des transferts s’ouvre jeudi en Ligue 1, elle s'étendra jusqu'au 2 février, 20 heures.
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France Télévisions - Rédaction Sport
Publié le 01/01/2026 06:30
Temps de lecture : 4min
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Christophe Dugarry lors du match entre l'OM et Montpellier le 28 août 1998 au Stade Vélodrome, quelques mois après son arrivée lors du premier mercato hivernal français. (LA PROVENCE / SIPA)
Le reste de l’Europe n’a pas emprunté que ses préceptes tactiques à l’Italie. Aujourd’hui devenu une véritable période de recrutement, le mercato d’hiver, transalpin jusque dans son nom, qui s'ouvre jeudi 1er janvier, était à l’origine une simple fenêtre d’ajustement. Standardisé par l’UEFA lors de la saison 2002-2003, le mercato d’hiver avait déjà fait son apparition dans plusieurs championnats européens à la fin du 20e siècle. En Italie, premier pays majeur à instaurer une deuxième période de mutation des joueurs, le mercato di riparazione ("marché de réparation"), inventé pour permettre aux équipes de compenser des absences notamment, existait au moins depuis le début des années 1970.
Ce marché italien se tenait à l’origine entre le 1er octobre et le 1er décembre, avant d’être condensé sur quelques jours en novembre puis décalé au cœur de l’hiver suite à l’arrêt Bosman, en décembre 1995. Sa dernière itération a d’ailleurs vu le départ en Italie du jeune Patrick Vieira, alors âgé de 19 ans, transféré à l’AC Milan en provenance de l’AS Cannes pour 32 millions de francs (quatre millions d’euros), en novembre 1995.
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Patrick Vieira, alors âgé de 18 ans, sous le maillot de l'AS Cannes lors du match contre le Paris Saint-Germain, le 31 mars 1995 au Parc des Princes. (GERARD JULIEN / AFP)
Si l’Espagne s’est calquée sur la botte dès la saison 1994-1995, le championnat français a attendu la libéralisation provoquée par l’arrêt Bosman, qui entraîne l’abolition des quotas de joueurs étrangers au sein de l’Union européenne en 1996-1997, pour créer sa fenêtre de transferts en hiver. Avant cela, les clubs de l’Hexagone fonctionnaient avec un unique marché estival, même s’ils avaient la possibilité d’embaucher un joker (ou deux par dérogation) avant la trêve hivernale.
“Nous avons décidé cette modification dans un souci d'harmonisation européenne”, expliquait alors Gervais Martel, secrétaire général de la Ligue nationale de football (LNF, ancienne appellation de la LFP), président de Lens et de l'Union des clubs professionnels de football (UCPF). Le premier mercato d’hiver français s’est tenu du 20 décembre 1997 au 15 janvier 1998.
La DNCG surveillait déjà les comptes de près, l’AS Saint-Etienne ayant notamment été interdite de recruter. Certains joueurs en ont profité pour se relancer à six mois du Mondial : Christophe Dugarry, alors en échec au FC Barcelone, est transféré à l'Olympique de Marseille pour 30 millions de francs (près de quatre millions d’euros) en décembre 1997. Il y retrouve du temps de jeu, puis les Bleus.
A la fin du 20e siècle, certains championnats cultivaient encore leur exception. En Angleterre, les clubs étaient libres de recruter ou de céder des joueurs toute la saison jusqu’au 31 mars. Un particularisme achevé lors de la saison 2002-2003 : l’UEFA, sous la pression de la Commission européenne, préconise alors à tous les championnats européens d’adopter deux fenêtres de transfert - estivale et hivernale - aux mêmes dates, pour garantir une liberté de mouvement aux joueurs tout en préservant les intérêts économiques des clubs.
“Les clubs anglais n'en voulaient pas, ils étaient très satisfaits du système existant, réagissait avec amertume le vice-président d’Arsenal, David Dein, au moment de l'adoption de cette réforme. Mais, sans que cela soit de notre faute, on nous a imposé un nouveau système qui nous complique la vie. Nous nous y sommes fermement opposés, mais l'UEFA nous a informés que nous devions nous y conformer et nous n'avons d'autre choix que de le faire contre notre gré.”
C’est pourtant le championnat anglais qui a vu le transfert le plus onéreux de ce premier mercato d’hiver tel qu’on le connaît aujourd’hui, Jonathan Woodgate rejoignant Newcastle en provenance de Leeds pour près de 14 millions d’euros (neuf millions de livres_)_ en janvier 2003. Deux décennies plus tard, les clubs anglais semblent bien s’être accommodés de cette double fenêtre de transferts : en janvier 2025, ils avaient déboursé plus de 500 millions d’euros au total.