"Eleonora Duse" : magistrale, Valeria Bruni Tedeschi est l'incarnation du théâtre dans le nouveau film de Pietro Marcello
Couramment appelée "La Duse" en Italie et surnommée "la divine" par le poète D'Annunzio, l'actrice de théâtre souvent comparée à Sarah Bernhardt connut une célébrité internationale considérable à cheval entre les XIXe et XXe siècles.
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France Télévisions - Rédaction Culture
Publié le 10/01/2026 13:19
Temps de lecture : 5min
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Valeria Bruni Tedeschi et Fanni Wrochna dans "Eleonora Duse" de Pietro Marcello. (ERIKA KUENKA)
Couramment appelée "La Duse" en Italie et surnommée "la divine" par le poète D'Annunzio, l'actrice de théâtre souvent comparée à Sarah Bernhardt connut une célébrité internationale considérable à cheval entre les XIXe et XXe siècles.
Valeria Bruni-Tedeschi est au cinéma dans un rôle d'exception. Majestueuse et fragile à la fois pour incarner une diva du théâtre au début du XXe siècle, la Sarah Bernhardt italienne. Eleonora Duse de Pietro Marcello, dans les salles mercredi 14 janvier, irradie ce début d'année 2026 par sa force et sa beauté dans un récit pourtant crépusculaire.
Les traces de la Première Guerre mondiale sont encore présentes lorsqu'au commencement des années 1920, Eleonora Duse, dite "la divine", décide de faire son retour sur les planches, dix ans après avoir fait ses adieux. Car l'actrice est désargentée. Victime de la faillite de la banque où sont ses avoirs, elle accuse le coup d'une débâcle économique qui fait suite au conflit en Italie. Et puis le pays change, les aspirations des Italiens aussi, désireux de tourner une page douloureuse, alors que Mussolini est aux portes du pouvoir. Quelle place peuvent avoir le théâtre et la littérature dans cette reconstruction nationale ?
Cette question, rude et obsessionnelle pour "La Duse", autant que pour son complice et ancien amant le poète D'Annunzio, est au cœur du film. Eleonora Duse n'est pas à proprement parler un biopic, selon le cinéaste Pietro Marcello, qui dit plutôt vouloir ausculter "l'âme" de la diva dans ses dernières années de vie – elle a alors à peine plus de 60 ans. Dans une succession de tableaux à la photographie soignée et poétique (comme l'était déjà celle du précédent opus L'Envol), le film raconte admirablement la rencontre d'une actrice avec son art et avec son siècle.
L'enjeu est existentiel : le théâtre a fait d'Eleonora Duse une femme "libre" et "responsable", des mots scandés sans cesse dans le film, tirés de la pièce La Dame de la mer d'Ibsen dans laquelle elle fait son retour. Mais cette activité professionnelle qui l'a rendue indépendante et célèbre, a mis au second plan la vie familiale de l'actrice. Sa fille Henriette, négligée, lui en fera grief jusqu'au bout.
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