« Emmanuelle 2 » ou la bataille d’Hernani du classement X
« 1975-1976, les années “classées X” » (5/6). Après le triomphe du film érotique « Emmanuelle » en 1974, un deuxième opus est en préparation, mais son producteur se heurte à un imprévu : le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Guy, soudain intransigeant, veut le classer X.
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Michel ARTAULT / Gamma-Rapho via Getty Images
1975-1976, les années « classées X »
L’épisode 6 sera disponible prochainement.
1975-1976, les années « classées X »
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Publié aujourd’hui à 19h00, modifié à 20h40
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Série« 1975-1976, les années “classées X” » (5/6). Après le triomphe du film érotique « Emmanuelle » en 1974, un deuxième opus est en préparation, mais son producteur se heurte à un imprévu : le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Guy, soudain intransigeant, veut le classer X.
Nul n’aime se voir rappeler en permanence ses échecs ou ses erreurs. A partir de l’été 1974, pareille mésaventure arrive pourtant à deux producteurs de cinéma, les frères Raymond et André Hakim. De leurs locaux, situés sur les Champs-Elysées, à Paris, ils peuvent pour ainsi dire apercevoir, de l’autre côté de l’avenue, un cinéma, Le Triomphe, qui projette le film Emmanuelle, du réalisateur Just Jaeckin, un succès que la salle gardera à l’affiche pendant… cinq cent cinquante-trois semaines.
Les frères Hakim ont longtemps été détenteurs des droits d’adaptation du roman d’Emmanuelle Arsan, paru en 1959, mais ils ont tardé à en faire un film. Aussi, en 1973, quand la période de détention des droits est arrivée à échéance, un autre producteur, Yves Rousset-Rouard, s’est présenté pour acquérir les droits d’adaptation auprès de l’éditeur, Eric Losfeld. Montant de l’option pour six mois : seulement 1 250 francs (soit environ 1 300 euros actuels). Et c’est ainsi qu’Yves Rousset-Rouard, avec un budget minimal, a lancé la production d’Emmanuelle, destiné à devenir le plus grand succès cinématographique des années 1970 (8,8 millions de spectateurs en France).
Un tel coup de maître appelle une suite. Ce sera Emmanuelle 2, dont la réalisation est confiée à Francis Giacobetti. La tête d’affiche, elle, restera l’actrice néerlandaise Sylvia Kristel. Mais ce projet va se heurter, au début de 1976, à un obstacle : le classement X. Autrement dit, à l’inverse du premier volet, il ne pourra pas être diffusé dans tous les cinémas, mais uniquement dans les salles spécialisées dans les œuvres pour adultes.