Groenland : Face aux menaces de Donald Trump, l’Europe « n’a aucun levier » diplomatique, économique ou militaire
L’administration Trump martèle depuis plusieurs jours ses velléités pour mettre la main sur le Groenland. En face, les Européens semblent démunis pour contrer les ambitions américaines
Ils préparent la « riposte », mais avec quels moyens ? Les Européens tentent de faire front face aux menaces répétées de Washington, qui souhaite mettre la main sur le Groenland. Pourtant, les leviers de Bruxelles restent limités, voire faibles, face au mastodonte américain, lequel a prouvé à Caracas, par l’enlèvement de Nicolás Maduro, sa détermination à mettre en œuvre ses ambitions, et ce même s’il doit violer le droit international.
Convaincre diplomatiquement
La voie diplomatique semble la plus viable et la plus probable. Ce qu’il faut, c’est réussir « à convaincre l’entourage de Donald Trump que toute tentative de s’emparer du Groenland par la force signifierait la fin de l’alliance transatlantique », signale Dr John Helferich, chercheur à l’université d’Oxford. Car même si le président Trump indique que « (les Etats-Unis) seront toujours là pour l’Otan, même s’ils ne seront pas là pour nous », les Américains - le peuple comme les dirigeants et les commandants militaires - sont très attachés à l’Alliance atlantique. « Beaucoup trouveraient insensée ne serait-ce qu’une brève escarmouche avec un allié de l’Otan », appuie Richard Gowan, directeur des Nations unies à l’International Crisis Group.
Mais comment dissuader ? Prendre des positions fortes, fermes et unies peut-il suffire ? La mission risque de se heurter à l’imprévisibilité trumpienne. L’Europe n’a pas de levier économique, ou peu. Elle pourrait en théorie cibler les entreprises américaines opérant en Europe mais « dans la pratique, la dépendance de l’Europe vis-à-vis des entreprises technologiques américaines est beaucoup plus grande que l’inverse », souligne John Helferich.
Une dissuasion symbolique
Côté américain, l’emploi de la force a, pour le moment, été écarté par le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. Mais la porte-parole de la Maison-Blanche a indiqué mardi que le président américain pourrait décider d'« utiliser l’armée » pour conquérir l’île arctique. Le recours à la force militaire des États-Unis contre un autre membre de l’Otan serait « sans précédent » et « reste improbable », juge John Helferich. D’autant que des adversaires des Etats-Unis, comme la Russie ou la Chine, pourraient facilement profiter de la situation « pour intensifier » leurs actions, respectivement en Europe et à .