Iran : Au moins six morts lors de violents affrontements durant les manifestations contre la vie chère
Au cinquième jour d’un mouvement de protestation contre l’inflation et la vie chère, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait au moins six morts
Le mouvement de protestation contre la dégradation des conditions de vie en Iran a connu un nouveau regain de violence jeudi, avec au moins trois morts supplémentaires dans l’ouest du pays, selon l’agence de presse Fars. Ces décès portent à au moins six le nombre total de victimes recensées depuis le début de cette mobilisation spontanée, déclenchée par l’hyperinflation et l’effondrement du pouvoir d’achat.
Les derniers affrontements se sont produits à Azna, dans la province du Lorestan. D’après Fars, « vers 18h aujourd’hui, un groupe d’émeutiers a profité d’un rassemblement de protestation pour attaquer un commissariat de police ». L’agence précise que « trois personnes ont été tuées et 17 autres blessées lors d’affrontements », une formulation qui semble faire référence à des civils. Toujours selon l'agence de presse, 30 personnes ont également été arrêtées à Téhéran pour « trouble à l'ordre public ».
Nombreux heurts dans le pays
Ces nouveaux incidents s’ajoutent aux violences signalées plus tôt dans la journée et les jours précédents. Fars avait déjà fait état de deux civils tués lors de heurts à Lordegan, dans le sud-ouest du pays, où « des manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs, dont le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques », provoquant l’intervention des forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogène.
Dans l’ouest du pays, à Kouhdasht, les autorités locales ont également rapporté la mort d’un membre des forces de sécurité. Agé de 21 ans et appartenant au Bassidj, il « défendait l’ordre public », selon la télévision d’Etat, qui a évoqué des « jets de pierres » et fait état de 13 policiers blessés lors des affrontements.
Contre l’inflation et la vie chère
Le mouvement a débuté dimanche à Téhéran, lorsque des commerçants ont fermé leurs boutiques pour dénoncer la flambée des prix, la dépréciation rapide du rial et le marasme économique. Parti de la capitale, il s’est étendu aux universités puis à plusieurs régions, touchant notamment des villes moyennes, sans toutefois atteindre, à ce stade, l’ampleur du soulèvement de 2022 après la mort de Mahsa Amini.
Face à l’aggravation des tensions, le président Massoud Pezeshkian a exhorté son gouvernement à répondre à l’urgence sociale. « D’un point de vue islamique […], si nous ne résolvons pas le problème des moyens de subsistance des gens, nous finirons en enfer », a-t-il déclaré à la télévision. Dans le même temps, la justice a prévenu que « toute tentative » de transformer la contestation « en un outil d’insécurité ou de destruction des biens publics » ferait l’objet d’une réponse « ferme », alors que l’inflation atteint 52 % sur un an et que le pays reste lourdement affecté par les sanctions internationales.