Iran : huit morts et une révolte qui s’étend à tout le pays
Huit manifestants ont été tués depuis le 1er janvier en Iran, alors que les protestations contre la hausse des prix et l’inflation dépassant 50 % se multiplient. Entre répression sanglante, soutien inattendu de Donald Trump et contestation politique grandissante, le pays connaît une mobilisation sans précédent depuis des décennies.
Publié le 02/01/2026 20:48 Mis à jour le 02/01/2026 23:35
Temps de lecture : 2min - vidéo : 2min
Huit manifestants ont été tués depuis le 1er janvier en Iran, alors que les protestations contre la hausse des prix et l’inflation dépassant 50 % se multiplient. Entre répression sanglante, soutien inattendu de Donald Trump et contestation politique grandissante, le pays connaît une mobilisation sans précédent depuis des décennies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Leurs visages tournent en boucle sur les réseaux sociaux iraniens. Huit hommes, âgés de 15 à 37 ans, ont été tués depuis le 1er janvier, huit manifestants tombés après six jours de protestation contre la hausse des prix. La répression ne fait que commencer.
Sur des images filmées dans l'ouest iranien, on entend des tirs. Dans le sud du pays, d'autres images montrent un policier tirer en direction d'un véhicule. Mais les Iraniens, asphyxiés par une inflation de plus de 50 % en un an, continuent de se rassembler dans de nombreuses villes. Le 2 janvier, lors des obsèques d'indépendantistes, la foule s'en est prise aux forces de l'ordre. La contestation économique devient une nouvelle fois politique.
Une habitante de Téhéran témoigne : "Les gens sont devenus plus audacieux puisqu'ils n'ont peur de rien. Ils disent qu'il n'y aura pas pire que ça. Ces conditions de vie sont les pires que l'on ait connues."
À bout, les Iraniens découvrent le soutien inattendu de Donald Trump : "Si l'Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, les États-Unis d'Amérique viendront à leur secours", déclare le président américain sur son réseau social.
La République islamique est sous pression, d'autant qu'elle perd pour la première fois le soutien historique des commerçants. C'est au bazar de Téhéran que la fronde a commencé, dimanche 28 décembre. Didier Idjadi, sociologue au CNAM et réfugié politique iranien, explique : "Il y a une convergence entre cette partie de la population avec d'autres, des employés, mais également des ouvriers, des femmes, bien évidemment, et aussi des étudiants. La base d'une révolution possible s'est élargie."
Pour la première fois, dans la bouche de plus en plus de manifestants, une figure de l'ancien régime se fait entendre : celui du fils de l'ancien chah d'Iran, Reza Pahlavi. Il se présente comme une alternative aux mollahs qui ont poussé son père à l'exil il y a 47 ans.