Iran : manifestations importantes face à la hausse des prix
Depuis dimanche 28 décembre, un mouvement de contestation sociale prend de l'ampleur en Iran, avec des manifestations spontanées pour protester contre la vie chère et l'hyperinflation. Après les commerçants, ce sont les étudiants qui se mobilisent dans plusieurs universités, notamment à Téhéran. Une colère économique sur fond de sanctions internationales que les autorités iraniennes disent vouloir entendre.
Publié le 31/12/2025 07:36
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Depuis dimanche 28 décembre, un mouvement de contestation sociale prend de l'ampleur en Iran, avec des manifestations spontanées pour protester contre la vie chère et l'hyperinflation. Après les commerçants, ce sont les étudiants qui se mobilisent dans plusieurs universités, notamment à Téhéran. Une colère économique sur fond de sanctions internationales que les autorités iraniennes disent vouloir entendre.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Seul, assis, un individu défie les forces de sécurité du régime des mollahs. En face, les hommes sont armés. Alors que les manifestations sont interdites en Iran, les policiers interviennent. Ils le frappent. Dans le centre de Téhéran, des projectiles sont lancés. Les forces de l'ordre peinent à maîtriser la situation. Elles ripostent avec des tirs de gaz lacrymogène. Depuis trois jours, le peuple est dans la rue et c'est rare en Iran. Le ras-le-bol est immense. Les défilés enflent et les slogans contre le régime fusent.
Tout a commencé, dimanche 28 décembre, dans le plus grand marché pour téléphones portables de la capitale. Les prix flambent, les commerçants préfèrent stopper les transactions pour éviter les pertes. Mardi encore, ils ont fermé boutique. Tout le monde est touché par l'inflation : plus de 50 % en un an, des prix exorbitants, même pour du pain ou des œufs. Une étudiante est à bout. "L'objectif de ces manifestations est d'améliorer notre situation. Et ça passe par le renversement de la République islamique. C'est notre but", lance-t-elle.
Mardi 30 décembre, les universités rejoignent le mouvement. Après les revendications sur le pouvoir d'achat, la contestation devient politique. "Ça craque à tous les niveaux en réalité et c'est ça qui laisse penser que la situation est susceptible de dégénérer de manière encore plus importante. C'est une situation probablement sans précédent depuis le début de la République islamique", indique David Rigoulet-Roze, docteur en sciences politiques et spécialiste de l'Iran. Mardi 30 décembre dans la soirée, le mouvement s'étend dans plusieurs villes du pays.