« Je ne veux ni censure, ni dissolution »… Lecornu nie laisser planer le spectre d’élections législatives anticipées
L’exécutif, dont le gouvernement est menacé par deux motions de censure qui seront examinées cette semaine, aurait indiqué que l’Assemblée nationale serait dissoute en cas de censure. Un « signal dramatique » rectifie le Premier ministre
«Soyons clairs. » Après avoir, selon l’AFP, donné instruction au ministère de l’Intérieur de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives aux dates des municipales si les motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) étaient adoptées, le Premier ministre a remis les points sur les « i » auprès de nos confrères du Parisien.
« Je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution », a-t-il asséné, affirmant que son « combat » était « la stabilité et repousser le désordre ». Ce qui pourrait s’apparenter à une menace vise donc plutôt à faire rentrer dans le rang les partis souhaitant voter la censure, qui « enverrait un signal dramatique au moment où on cherche le compromis et un message encore plus dramatique au vu de la situation politique internationale », avertit le Premier ministre.
Contrer des « postures cyniques partisanes »
Les motions de censure, déposées pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, seront examinées entre mardi et mercredi prochains à l’Assemblée nationale. Vendredi, une source au sein de l’exécutif avait annoncé qu’une censure du gouvernement à cette occasion serait suivie d’une dissolution. Cette même source a révélé que Sébastien Lecornu avait donné instruction au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives aux dates des municipales, les 15 et 22 mars.
Le Premier ministre avait fustigé vendredi matin sur X des « postures cyniques partisanes » qui « retardent les discussions budgétaires » en commentant les motions de censure du RN et de LFI, accusant ces formations politiques de « choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes » et « d’affaiblir la voix de la France » à l’étranger.
Ces motions retardent encore les discussions budgétaires « déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral », avait ajouté Le Premier ministre, alors que le budget de l’Etat pour 2026 n’a pas pu être voté dans les temps avant le 31 décembre et que les débats, difficiles, se poursuivent au Parlement.