La disparition de la famille Méchinaud, plus vieux cold case français, reste un véritable mystère
Cinquante-trois ans après la disparition de la famille Méchinaud, le soir de Noël 1972, la justice s’apprête à effectuer de nouvelles fouilles. Aucun élément matériel n’a jamais été retrouvé dans ce dossier
Le mystère de la disparition de la famille Méchinaud, le soir de Noël 1972, sera-t-il un jour éclairci ? Dans ce cold case – le plus ancien qu’ait à traiter le pôle spécialisé de Nanterre – aucun élément matériel n’a jamais été découvert. Aucune piste n’a jamais abouti. La famille – Jacques, le père, un électromécanicien de 31 ans, Pierrette, la mère, femme au foyer de 29 ans, et leurs deux fils, Eric et Bruno, 7 et 4 ans – semble s’être volatilisée en Charente, en rentrant de la soirée du réveillon. La justice n’a pourtant pas dit son dernier mot : la juge d’instruction Fabienne Bernard qui a repris le dossier en mars 2025 s’apprête à diligenter de nouvelles fouilles, a appris 20 Minutes de sources concordantes, confirmant une information d’Ouest France.
« En relisant le dossier, il est apparu que certains lieux qui n’ont pas encore été fouillés nécessitent de l’être, précise Me Marine Allali, l’avocate de la sœur de Pierrette. Puisqu’il n’y a pas d’éléments matériels, il faut tenter d’en trouver. La voiture de la famille et éventuellement les corps sont forcément quelque part. » Malgré d’importantes recherches, la Simca 1.100 Grenat des Méchinaud est restée introuvable. Peut-on disparaître du jour au lendemain sans laisser la moindre trace ? C’est bien la question que pose ce dossier hors du commun.
Volatilisé sur la route du retour
Retour à Noël 1972. La famille Méchinaud a passé le réveillon à Cognac, chez des amis. La soirée s’est passée « le plus normalement du monde », assurent leurs hôtes. Vers 1 heure du matin, Jacques, Pierrette et leurs deux fils se mettent en route. Ils habitent à Boutiers-Saint-Trojan, à 3,7 km. Ils n’arriveront jamais chez eux. Le 6 janvier, le père de Pierrette, inquiet de ne pas avoir de nouvelles, alerte les gendarmes. A l’intérieur de la maison, le temps s’est figé. Les cadeaux des enfants sont au pied du sapin. Dans le réfrigérateur, une dinde et des huîtres sont en état de décomposition.
La piste accidentelle est envisagée, d’autant qu’une partie du chemin longe le fleuve de la Charente. Un hélicoptère survole la zone, les eaux sont sondées. Aucune trace de la voiture. Le profil du couple est également passé au crible. Les enquêteurs découvrent que Pierrette avait un amant : Maurice B., le fils de leur voisin. Ce dernier reconnaît sans mal et précise surtout que Jacques Méchinaud l’avait découvert récemment. Le mari trompé a-t-il voulu se venger ? Les amis chez qui ils ont passé la soirée ont affirmé n’avoir pas senti de tension au sein du couple mais la piste n’a jamais été refermée.