"La France se prépare pour un monde durci", affirme Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères
Dimanche 4 janvier, Jean-Noël Barrot était l'invité de Leïla Kaddour dans le 13 heures. Le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur l'intervention américaine au Venezuela et l'arrestation de Nicolas Maduro, et indique qu'il faut se préparer à "un monde soumis à la loi du plus fort".
Publié le 04/01/2026 14:08 Mis à jour le 04/01/2026 15:48
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Dimanche 4 janvier, Jean-Noël Barrot était l'invité de Leïla Kaddour dans le 13 heures. Le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur l'intervention américaine au Venezuela et l'arrestation de Nicolas Maduro, et indique qu'il faut se préparer à "un monde soumis à la loi du plus fort".
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Leïla Kaddour : Monsieur le ministre. Avant de parler du Venezuela, j'aimerais que l'on revienne sur ce drame de Crans-Montana. On a appris dimanche 4 janvier la mort d'un citoyen français. Pouvez-vous nous donner les dernières nouvelles de nos compatriotes ?
Jean-Noël Barrot : D'abord, c'est une tragédie épouvantable qui m'a personnellement bouleversé, comme de très nombreux Français. Je pense aux familles qui sont aujourd'hui plongées dans l'angoisse, dans l'attente de nouvelles de leurs proches. Vous le savez, la France s'est mobilisée dès les premières heures pour apporter une assistance aux autorités suisses. Nous avons accueilli 17 victimes de l'incendie dans nos hôpitaux et nous suivons d'heure en heure la situation de nos ressortissants. 23 sont aujourd'hui soignés dans des services de grands brûlés des hôpitaux. Et huit sont portés disparus. Les autorités suisses nous ont fait part du décès d'un ressortissant français, de l'un de nos compatriotes, âgé de 39 ans. Et le travail d'identification va se poursuivre. Un hommage sera rendu aux victimes et à leurs familles à Crans-Montana vendredi prochain.
Vous avez hier condamné le recours à la force, contraire au droit international. C'est une position qui tranche avec celle d'Emmanuel Macron, qui ne fait pas du tout mention de ce droit international dans son communiqué. Quelle est la position de la France sur cette intervention américaine au Venezuela ?
La position de la France, c'est d'abord de dire que Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupule qui a confisqué leur liberté aux Vénézuéliens et qui leur a volé les élections. C'est pourquoi son départ est une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens. Ensuite, oui, nous avons rappelé que la méthode employée contrevenait au principe du droit international. L'usage de la force est permis dans le droit international, et nous l'avons démontré hier soir en frappant, avec des moyens militaires français, des terroristes en Syrie, des terroristes de Daech. Mais cet usage de la force doit être encadré par des règles. Sans ces règles, le monde est soumis à la loi du plus fort. Alors, un monde soumis à la loi du plus fort, la France s'y prépare, et c'est la raison pour laquelle l'adoption rapide d'un budget pour le pays et pour les armées est si importante. Mais la France ne peut s'y résoudre et continuera de défendre ses principes.