Le froid peut-il accélérer la fin de l’épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins ?
Depuis cet été, les autorités sanitaires organisent la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse qui touche les bovins. Alors que les mesures d’abattages préventifs et de vaccination ont été mises en place, le froid est bien un allié
La vague de froid que connaît la France depuis plusieurs jours pourrait bien avoir des effets bénéfiques sur l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Détectée le 29 juin 2025 en Savoie, cette maladie virale fortement préjudiciable à la santé des bovins, peut entraîner potentiellement leurs décès.
En six mois, 117 foyers ont été identifiés dans onze départements en France. Alors que des mesures d’abattages préventifs, contestées par une partie des éleveurs, et une vaccination massive ont été lancées, les températures négatives offrent un contexte favorable à l’éradication complète du virus. François Schelcher, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse et Yves Millemann, professeur en pathologie des animaux de production à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort livrent à 20 Minutes leurs analyses sur les derniers rounds qui se jouent contre l’épidémie.
Le froid peut-il contribuer à endiguer l’épidémie ?
« Globalement la réponse est oui, affirme François Schelcher. Les températures négatives vont réduire très fortement les populations de stomoxes [mouches piqueuses] voire, quand on atteint -5 °C, les tuer localement, à l’extérieur. » Les taons font aussi partie des vecteurs de la DNC mais ils ne vivent pas à l’intérieur, or dans les conditions de froid actuelles la très grande majorité des troupeaux est rentrée à l’intérieur. « Dans les étables où les conditions sont plus favorables qu’à l’extérieur, il peut subsister des havres où les stomoxes restent actifs », complète Yves Millemann.
Une fois cette précision apportée, il faut retenir que la population des insectes vecteurs est en chute libre avec des températures négatives et que les risques de transmission aussi.
A quelle échéance les mesures vont-elles montrer leur efficacité ?
La vaccination, qui a commencé par les élevages proches des foyers identifiés a démarré mi-décembre. « On estime qu’à l’échelle d’un ensemble d’animaux, il faut au moins que les trois quarts soient protégés pour bloquer la circulation du virus, souligne François Schlecher. Et, à l’échelle du territoire, il faut extrapoler et le considérer à l’abri quand 95 % des élevages sont correctement vaccinés. » Quand le dernier élevage sera vacciné, autour du 15 janvier, une immunité de la population bovine devrait être atteinte, mais le risque va diminuer de façon progressive, avertissent les experts.
« Il faut rester vigilant car il est évident qu’il y a eu des mouvements illégaux d’animaux et certains ont été retrouvés positifs avec des lésions, pointe le professeur Yves Millemann. Cela a contribué à faire émerger de nouveaux cas. » Autant de comportements qui peuvent retarder un peu la fin de l’épidémie.