Les ours bruns d'Italie moins agressifs que leurs congénères, une évolution en partie liée à la proximité de l'homme
Les ours bruns des Apennins, au centre de l’Italie, ont démontré que le comportement particulier de ces ours italiens était lié à leur évolution génétique, et en partie de leur proximité géographique avec l'homme.
Selon une étude, les ours bruns des Apennins, au centre de l’Italie, ont adopté un comportement particulier après une évolution génétique... et leur proximité avec l'homme.
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Article rédigé par franceinfo - Christophe Richert
Radio France
Publié le 08/01/2026 16:08 Mis à jour le 09/01/2026 08:04
Temps de lecture : 5min
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Un ours brun se repose dans son enclos au sanctuaire des ours, près de Pristina, le 23 octobre 2025. (ARMEND NIMANI / AFP)
Une équipe de chercheurs italiens a voulu comprendre pourquoi les ours bruns d'Italie sont moins agressifs qu'ailleurs. Leur étude a été publiée le 15 décembre dernier. Elle est la dernière en date à montrer comment les humains façonnent l'évolution de la faune sauvage. Et leurs conclusions sont sans appel.
On le sait scientifiquement, depuis des siècles, les activités humaines transforment les écosystèmes, modifiant les habitats naturels et exerçant toujours plus de pression sur la faune sauvage : déforestation, agriculture intensive, pesticides et urbanisation figurent parmi les facteurs les plus marquants. Et pouvant entraîner un déclin des populations animales mais aussi influencer leur évolution.
On sait aussi que les animaux évoluent génétiquement pour s'adapter au milieu urbain. Les souris à pied blanc des parcs de New York peuvent digérer un régime riche en graisses et glucides, récolté dans ce que l'homme jette. Un colibri, Anna's hummingbird, a modifié la taille et la forme de son bec pour l'adapter aux mangeoires artificielles et bien garnies. Les pigeons urbains, eux, tolèrent davantage le bruit, la pollution et la profusion d'aliments produits par l'homme. Parmi les insectes, on peut noter les mutations génétiques des moustiques qui réduisent l'efficacité des insecticides.
Cette fois, les scientifiques se sont concentrés sur l'ours brun des Apennins, une sous-espèce rare et menacée, que l'on ne trouve qu'en Italie centrale et dont il ne reste aujourd'hui qu'une cinquantaine de membres. Cette population d'ours brun est présente depuis près de deux millénaires. Les chercheurs italiens rappellent les études antérieures qui montrent que cette population a divergé des autres ours bruns européens il y a 2 000 à 3 000 ans et qu'elle est restée totalement isolée pendant au moins les 1 500 dernières années. Isolée ne signifie pas qu'elle n'est pas en contact avec l'homme.