« L’Europe continentale est la seule zone géographique au monde où l’uniforme scolaire n’est pas la norme »
L’abandon de l’expérimentation de l’uniforme scolaire, acté par la loi de finances 2026, ne s’est accompagné d’aucune évaluation de ce dispositif, fermant ainsi la porte à un débat rigoureusement informé sur le sujet, déplore le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans une tribune au « Monde ».
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Tribune
[
Jean-Claude Kaufmann
Sociologue
](https://www.lemonde.fr/signataires/jean-claude-kaufmann/)
L’abandon de l’expérimentation de l’uniforme scolaire, acté par la loi de finances 2026, ne s’est accompagné d’aucune évaluation de ce dispositif, fermant ainsi la porte à un débat rigoureusement informé sur le sujet, déplore le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans une tribune au « Monde ».
Publié hier à 08h00 Temps de Lecture 3 min.
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Dans une tribune au Monde du 19 décembre 2025, Denis Marchetti, conseiller municipal (Les Ecologistes) de la ville de Metz, tout en étant critique vis-à-vis de l’uniforme scolaire, déplore que les établissements scolaires s’étant lancés dans l’expérience aient été livrés à eux-mêmes, et que l’Etat ait silencieusement déserté un programme qu’il avait lui-même lancé. La loi de finances pour 2026 a enterré les derniers espoirs de ceux qui avaient voulu tester ce dispositif.
Certes l’heure est aux restrictions budgétaires, il faut faire des économies et sacrifier ce qui ne semble pas essentiel. Mais justement, alors que des sommes non négligeables ont été engagées (l’Etat finance 50 % des « tenues communes » pour plus d’une centaine d’établissements volontaires), elles ont été passées par pertes et profits.
La rigueur budgétaire aurait au contraire commandé que ces dépenses ne fussent pas inutiles et que, même si l’expérimentation devait être abandonnée, un bilan en soit tiré. Elle avait d’ailleurs été clairement lancée dans ce but, un protocole précis d’évaluation ayant été prévu par le ministère de l’éducation nationale. Or rien n’a été fait, et d’évaluation il n’y a pas eu.
Les conséquences ne pourront être que néfastes. Le débat autour de l’uniforme scolaire, déjà très orienté idéologiquement et mal informé, risque de reprendre un jour ou l’autre sur la même tonalité et en instrumentalisant des évaluations sauvages et partielles, à défaut de ce qui aurait pu être recueilli de façon un peu rigoureuse. Nous sommes en train de rater l’occasion de faire enfin parler les faits.