L’intelligence émotionnelle fait-elle réellement la différence dans nos relations intimes aujourd’hui ?
Alors qu’elle est devenue une des conditions les plus recherchées dans les relations intimes, Tinder intègre dans son application un questionnaire pour explorer son intelligence émotionnelle
«Non, mais de toute façon, ça n’aurait jamais fonctionné entre nous. Il n’avait aucune intelligence émotionnelle. » Cette formule est presque devenue familière. Dans les discussions post-rupture, sur les applications de rencontre ou au détour d’un rendez-vous plus ou moins réussi, elle s’impose comme un argument phare. Depuis quelques années, l’intelligence émotionnelle s’est installée au cœur du dating et de nos relations. On ne cherche plus seulement une connexion, mais quelqu’un qui sache identifier ce que l’on ressent, communiquer sans déborder et ne pas faire porter à l’autre le poids de nos tempêtes intérieures.
C’est dans ce contexte que Tinder vient de lancer un questionnaire interactif avec l’ambition affichée de guider ses utilisateurs vers des relations plus conscientes et équilibrées. Un signal fort : si le terme est repris partout, sa définition et son application réelle restent largement méconnues. Alors, de quoi parle-t-on vraiment ? Et vous, possédez-vous cette fameuse intelligence émotionnelle ?
Avant toute chose, c’est quoi l’intelligence émotionnelle ?
Les personnes interrogées sur le sujet ont en réalité une définition étonnamment précise de l’intelligence émotionnelle. Pour Malaya, ce n’est pas un terme fourre-tout, mais une « vraie forme de maturité » : savoir ne pas être « uniquement centré sur soi et réussir à comprendre l’autre ». Raphaël évoque, lui, « la compréhension et l’acceptation des émotions des autres », ainsi que la capacité à s’adapter à la situation émotionnelle de la personne en face. Medhi insiste sur la dimension concrète : « la manière d’exprimer ce que l’on ressent et d’interpréter les émotions de l’autre », rappelant que dans une relation, tout se joue souvent sur les détails, le timing et le contexte.
Pour tout comprendre, Christophe Haag, professeur HDR à EMLYON Business School, chercheur en psychologie sociale, expert en intelligence émotionnelle et co-fondateur de Génération QE, commence par expliquer que celle-ci fait partie d’un ensemble beaucoup plus global : « L’intelligence, c’est comme une grande armoire, l’intelligence émotionnelle, c’est l’un des tiroirs ». Mais quand on se penche plus précisément sur ses caractéristiques, on peut l’identifier comme « la capacité à identifier, comprendre et réguler ses propres émotions, ainsi que celles des autres », rappelle le chercheur.
Miroir, miroir, que dit la science ?
Derrière l’omniprésence du terme, l’intelligence émotionnelle n’a rien d’un concept flou ou ésotérique. Étudiée depuis plus de trente ans, la recherche est formelle sur un point : elle n’est ni innée, ni figée, ni décorative. La première idée reçue est que l’émotion ne s’oppose pas à la rationalité. « L’émotion ne brouille pas la pensée, elle lui donne du sens », rappelle Christophe Haag. Une émotion n’est ni bonne ni mauvaise : c’est une information.