Manifestations en Iran : comment le pouvoir politique répond aux mouvements de contestations
Des affrontements ont fait six morts jeudi dans l'ouest de l'Iran, les premiers depuis le début de la mobilisation contre l'hyperinflation. Depuis 2008, le régime des Mollahs sait jouer de tous les outils dont il dispose pour garder le pouvoir.
Des affrontements ont fait six morts jeudi dans l'ouest de l'Iran, les premiers depuis le début de la mobilisation contre l'hyperinflation. Depuis 2008, le régime des Mollahs sait jouer de tous les outils dont il dispose pour garder le pouvoir.
Radio France
Publié le 02/01/2026 10:33 Mis à jour le 02/01/2026 10:34
Temps de lecture : 2min
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Une grande bannière représentant l'ancien commandant des Gardiens de la Révolution, Qasem Soleimani, à Téhéran, le 31 décembre 2025. (ATTA KENARE / AFP)
Six personnes sont mortes dans l'ouest de l'Iran jeudi 1er janvier lors d'affrontements localisés entre manifestants et forces de l'ordre. Parmi les victimes figurent un membre d'une milice affiliée aux Gardiens de la Révolution et cinq civils. Il s'agit des premières personnes à être tuées depuis le début de la mobilisation. Le mouvement est parti le 28 décembre de la capitale Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l'hyperinflation, la dépréciation de la monnaie et le marasme économique, avant de gagner des universités et le reste du pays.
Lors des précédents mouvements de contestation en Iran, depuis 2008, à chaque fois, le régime des Mollahs sait jouer de tous les outils dont il dispose pour garder le pouvoir. Cela commence par la répression : en 2018, par exemple, l'ONU et les ONG parlent de plusieurs centaines de morts et de milliers d'arrestations pour contenir la colère des Iraniens. S'ajoutent les condamnations à mort, au moins 1 500 en 2025. L'ONG Human Rights Watch explique que les autorités utilisent la peine de mort comme un instrument de terreur.
Mais le pouvoir Iranien peut compter aussi sur ses ressources financières. Dans son livre La face cachée des mollahs, le journaliste Emmanuel Razavi estime que les Gardiens de la révolution contrôlent environ 60 % de l’économie du pays.
Le pouvoir en place maîtrise également les nouveaux moyens de communication, de la coupure d'internet dans le pays à la manipulation de l'opinion. Il sait aussi lâcher temporairement du lest sur la question du voile chez les femmes le temps de reprendre la main avant à nouveau de réprimer.