Notre sélection de livres cette semaine : « Chair », « Rose la nuit », « Mostar : ceci n’est pas une ville »…
Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, un roman sec et nerveux du Britannique David Szalay.
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Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, un roman sec et nerveux du Britannique David Szalay.
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LA LISTE DE LA MATINALE
Rentrée d’hiver, semaine 1. Parmi les livres qui commencent à s’accumuler en cette deuxième rentrée littéraire, à peine moins riche que celle de l’automne 2025, « Le Monde des livres » a repéré le nouveau roman du Britannique David Szalay, l’un des auteurs les plus en vue outre-Manche ; les éclats de vie rassemblée par Maryline Desbiolles, lauréate du Prix littéraire du Monde en 2024 ; une plongée dans l’après-guerre à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, par l’anthropologue Aline Cateux ; un roman d’Anna Hope sur la manière dont le passé le plus sombre hante nos héritages ; enfin, un roman choral de Julie Wolkenstein – cinq femmes confrontées au souvenir d’un « fieffé sale type » et de sa mort violente.
ROMAN. « Chair », de David Szalay
Récemment récompensé par le Booker Prize, plus haute récompense littéraire outre-Manche, Chair, de David Szalay a pour personnage principal Istvan, que l’on découvre adolescent dans la Hongrie postcommuniste des années 1990 et que l’on va suivre jusqu’à la vieillesse.
Sa trajectoire est façonnée moins par ses décisions propres que par des appétits (ceux d’autrui, les siens) qu’il peine à comprendre et des traumas sur lesquels il n’a guère de prise, comme par des forces extérieures : la nécessité économique qui le pousse à s’engager dans l’armée hongroise pendant la guerre en Irak de 2003, puis à partir pour la Grande-Bretagne ; le hasard qui lui fait rencontrer un homme grâce auquel il va être employé comme chauffeur par un couple richissime, point de départ d’une ascension sociale fulgurante – suivie d’une chute pas moins spectaculaire.
Chair est constitué de chapitres centrés sur quelques jours, semaines ou mois particulièrement saillants de cette vie, que séparent des années et une foule d’événements ; au lecteur de les deviner. Roman du corps, de la masculinité et du mouvement, hypnotise par sa sécheresse qui carbure aux phrases courtes et répétitives ainsi qu’aux silences. Son laconisme ne ménage pas le lecteur.