ONG menacées d'interdiction à Gaza : "Une manière de nous mettre dehors", dénonce le président de Médecins du monde
Jean-François Corty dénonce sur franceinfo un contexte plus large de "délégitimation" des ONG par les autorités israéliennes.
Publié le 31/12/2025 18:44 Mis à jour le 31/12/2025 18:55
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Jean-François Corty dénonce sur franceinfo un contexte plus large de "délégitimation" des ONG par les autorités israéliennes.
Trente-sept organisations humanitaires sont menacées par Israël d'interdiction d'accès à Gaza à partir de jeudi 1er janvier, si elles ne transmettent pas avant mercredi minuit aux autorités le nom de leurs employés palestiniens. Jean-François Corty, président de l'ONG Médecins du monde, a qualifié mercredi sur franceinfo cette décision de "dramatique pour les dizaines de milliers de personnes qui sont dans une situation absolument terrifiante". Le responsable rappelle que cette nouvelle liste s'ajoute à celle de 22 organisations déjà mises de côté en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Jean-François Corty juge impossible, "pour des raisons de sécurité", de transmettre la liste des personnels aux autorités israéliennes, comme il lui est réclamé. "Des centaines de soignants ont été tués, emprisonnés et torturés. Nous sommes dans un contexte d'occupation et nous sommes inquiets pour notre staff. Cette décision est en rupture avec une certaine vision démocratique des choses."
Le compte à rebours est lancé. Si l'enregistrement n'est pas renouvelé, les organisations auraient alors soixante jours pour quitter le territoire, a déclaré sur franceinfo Elsa Softic, directrice adjointe des opérations Moyen-Orient de l'ONG Première urgence internationale. Cette dernière espère malgré tout que ce délai sera une "phase ouverte à la négociation".
"Nous sommes dans un contexte de délégitimation qui n'est pas nouveau", reprend Jean-François Corty. "Il y a eu près de 300 humanitaires qui ont été tués depuis deux ans, dont des acteurs de Médecins du monde, Médecins sans frontières, de l'Unrwa". Le président de Médecins du monde évoque les nombreuses difficultés déjà rencontrées par les organisations internationales pour faire entrer de l'aide depuis le début du conflit. "Au travers de ces restrictions, c'est une manière de nous mettre dehors et de supprimer les quelques témoins qui restent."
La situation humanitaire reste dramatique dans la bande de Gaza, rappelle encore Jean-François Corty. "Des dizaines de milliers de personnes vivent encore sous des bâches en plastique", souligne le médecin. "Un quart de la population ne se nourrit pas au quotidien. Près d'1,5 million de personnes sont en insécurité alimentaire et les premières victimes sont les femmes enceintes et les enfants, par dizaines de milliers." Le départ des organisations internationales, ajoute-t-il, aurait notamment des conséquences sur la santé de la population, privée de [actes de] .