PSG - OM : « Un résumé du foot français »… Faut-il en finir pour de bon avec ce Trophée des champions en carton-pâte ?
Délocalisé au Koweït et casé là où il y avait de la place dans le calendrier, le Trophée des champions fait de plus en plus de sceptiques du côté des fans de foot français. Pour la Ligue, en revanche, il revêtirait encore un intérêt stratégique
Si l’on préfère volontiers laisser aux Anglais leur nourriture infâme, sans jamais leur jalouser quoi que ce soit de solide qui s’ingurgite et vienne de chez eux, ayons l’honnêteté d’avouer que question football, en revanche, on regarde nos voisins d’outre-Manche d’un œil envieux. Mais la Ligue 1 ne sera jamais la Premier League, tout comme le Trophée des champions, qui se déroule ce jeudi soir du côté de Koweït City entre le PSG et l’OM, ne sera jamais cette grande fête d’avant-saison qu’est le Community Shield dans l’antre de Wembley.
Pour comprendre pourquoi, il faut faire un saut en arrière dans le temps. Avant que la Ligue 1 ne se serve de ce trophée pour s’exporter à l’étranger, le Trophée des champions ressemblait au mieux à un match amical ++ d’avant-saison, au pire à un tournoi de sixte dans un patelin de province avec remise d’un trophée en toc sur une remorque de tracteur, avec une sono dégueulasse en fond qui crache du Fatal Bazooka, devant une dizaine de pékins désintéressés.
Il suffit de jeter un rapide coup d’œil à la page Wikipédia du TDC pour se rendre compte du côté folklorique et champêtre des villes hôtes retenus à l’époque : stade de la Méditerranée à Béziers, stade de la Vallée du Cher à Tours, stade de la Licorne à Amiens, ça fait rêver. Avec à chaque fois, pour ne rien arranger, des affluences dignes d’un match ventre mou en Ligue 2. Mais ça, c’était avant.
La LFP va au plus offrant
Avant que la LFP ne décide d’utiliser cet événement sans grand intérêt pour aller faire la danse du ventre dans des contrées lointaines et vendre des droits TV à l’international, se servant de ce match comme d’un produit d’appel qui donnerait envie aux fans de foot de par le monde de s’abonner à notre cher championnat. Mais ce concept, qui pouvait encore se concevoir dans des marchés comme la Chine, les Etats-Unis ou l’Afrique, est tout de suite moins crédible quand il s’agit de faire son baluchon pour aller jouer au Qatar, comme l’an passé, ou au Koweït, comme c’est le cas cette année.
« L’idée de départ, à partir de 2009 (Bordeaux-Guingamp à Montréal), c’était de donner envie aux spectateurs et téléspectateurs des pays hôtes de s’abonner, d’acheter les droits de la Ligue 1, et donc de créer une espèce de dynamique positive. Aujourd’hui, on est plus dans une situation où c’est quasiment un appel d’offres que fait la LFP pour essayer de trouver un enchérisseur désireux d’accueillir cet événement », analyse Jean-Pascal Gayant, enseignant-chercheur et spécialiste en économie du sport.
« Si on comprenait la logique de délocalisation, pour doper les droits TV internationaux, quand on bascule sur une logique d’enchères, on peut se retrouver à aller dans des pays où le potentiel en termes de retombées économiques est moindre, comme c’est le cas aujourd’hui », poursuit-il, songeur. En effet, cette année, le Koweït a non seulement déboursé 3,5 millions d’euros pour se payer son « TDC », mais il régalera aussi , du voyage jusqu’à la réception sur place dans un hôtel cinq étoiles.