Qu'est-ce que le "flashover", la piste privilégiée de l'incendie mortel du bar de Crans-Montana ?
Radio France
Publié le 02/01/2026 14:43 Mis à jour le 02/01/2026 14:48
Temps de lecture : 3min
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Une image issue d'une vidéo obtenue par l'AFP de la part de la police cantonale montre l'extension extérieure du bar La Constellation, à Crans-Montana (Suisse), où un incendie a démarré du sous-sol, le 1er janvier 2026. (POLICE CANTONALE VALAISANNE / AFP)
Les autorités suisses s'orientent vers un embrasement général qui a provoqué une déflagration, dans un bar de Crans-Montana (Suisse), la nuit du Nouvel An. Un phénomène qui a pu être accentué par le mobilier et la mousse utilisée au plafond, selon un expert des sapeurs-pompiers, interrogé par franceinfo.
L'enquête continue dans la station de ski de Crans-Montana en Suisse, après l'incendie durant la nuit de Nouvel An. Une quarantaine de personnes sont mortes, coincées dans le bar Le Constellation et neuf Français figurent parmi la centaine de blessés. "La piste aujourd'hui privilégiée est celle d'un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration", a indiqué Béatrice Pilloud, la procureure générale du canton du Valais.
Plusieurs témoignages diffusés par différents médias concordent sur l'éventuelle cause du sinistre au sous-sol de l'établissement. Selon eux, des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne ont provoqué l'incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu'il s'agissait d'un "show" habituel dans l'établissement.
Des témoins ont décrit des scènes d'horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s'échapper, tandis que d'autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue. Ce phénomène, bien connu des pompiers à travers le monde, et dont des vidéos de démonstration existent sur Internet, s'appelle "l'embrasement généralisé éclair", ou "flashover".
Lors d'un incendie, sous l'effet de la chaleur, les matériaux comme le bois ou le plastique dégagent des fumées "qui se comportent comme des gaz inflammables", explique à franceinfo le Colonel Stéphane Contal, l'animateur de la commission prévention de la fédération nationale des sapeurs-pompiers.
À une certaine température, autour de "700 à 800 degrés", ce flashover "crée l'inflammation automatique de toutes les fumées de la pièce en question", précise-t-il.
L'intensité du "flashover" dépend notamment du mobilier utilisé. "Les meubles rembourrés, comme les fauteils peuvent beaucoup y contribuer, indique le Colonel Stéphane Contal. En France, par exemple, dans les boites de nuit, les chaises ne sont pas les mêmes que celles qu'on trouve dans un bureau. On impose des réactions aux feux plus importantes." L'embrasement généralisé peut être également accentué par l'oxygénation de la pièce, et donc la ventilation par la présence d'une fenêtre ouverte, ce qui n'était pas le cas dans le sous-sol du bar.
Une vidéo sur les réseaux sociaux montre le début de l'embrasement du plafond, avec un jeune qui tente d'éteindre le feu avec une sorte de grand chiffon blanc. A côté, d'autres jeunes filment la scène mais continuent de danser. Sur d'autres vidéos, on voit des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar.
Un incendie a endeuillé la nuit du Nouvel An en Suisse. De nouvelles images montrent comment le feu s’est propagé dans l’établissement. pic.twitter.com/IgdMBCmui2
— franceinfo (@franceinfo) January 2, 2026
Sur les vidéos prises au moment de l'incendie, on voit la mousse isolante au plafond du sous-sol du bar s'enflammer. Cette mousse a-t-elle pu aggraver le "flashover" ? "Ce sont des matériaux qui ont des produits de combustion plus importants. Il existe des mousses avec des meilleures réactions", ajoute le Colonel Stéphane Contal. La mousse utilisé dans le bar de Crans-Montana serait serait "complètement interdite" en France, indique par ailleurs vendredi sur franceinfo Thierry Fontaine, le président de l'Umih Nuit, qui regroupe les établissements de nuit.