Quinze ans après Fukushima, le Japon secoué par un scandale sur la falsification des données de sécurité de réacteurs nucléaires
L'exploitant d'une centrale nucléaire au Japon a reconnu avoir présenté aux autorités des données sous-estimant potentiellement les risques sismiques, à l'heure où l'archipel relance son parc nucléaire.
L'exploitant d'une centrale nucléaire au Japon a reconnu avoir présenté aux autorités des données sous-estimant potentiellement les risques sismiques, à l'heure où l'archipel relance son parc nucléaire.
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Article rédigé par franceinfo - Karyn Nishimura
Radio France
Publié le 10/01/2026 13:37
Temps de lecture : 3min
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Une vue de la centrale nucléaire de Hamaoka (STR / JIJI PRESS)
Près de 15 ans après l'accident de Fukushima, et alors que le Japon a la ferme intention de réactiver les réacteurs à travers le pays, une affaire risque de ruiner en partie la confiance du public. Après les dénonciations d'un tiers, une compagnie vient de reconnaître avoir menti à propos de la sûreté de ses réacteurs. Un scandale qui tombe d'autant plus mal que le jugement de sûreté repose grandement sur les données fournies par les compagnies.
Il s'agit d'aveux faits en conférence de presse par la compagnie régionale Chubu Electric qui exploite la centrale nucléaire Hamaoka, située dans le département de Shizuoka, à 230 kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Dans cette zone, de puissants séismes sont redoutés. "Pour l'estimation de résistance sismique des réacteurs 3 et 4 de Hamaoka, nous avons constaté que la méthode employée était intentionnellement différente de celle expliquée aux autorités", a déclaré le patron de l'entreprise, Kingo Hayashi.
Or il s'agit d'un mensonge délibéré qui a de graves conséquences, car le calcul de la résistance des installations aux séismes est un élément essentiel pour permettre à l'autorité de sûreté nucléaire d'évaluer si ces réacteurs sont conformes aux nouvelles normes plus strictes décidées après l'accident de Fukushima.
Selon Testuya Toyoda, chef de la section énergie atomique, des salariés de la compagnie chargé des simulations de résistances sismiques ont délibérément choisi depuis 2018 de travailler à partir de données de simulation sismique inexactes et en partie irréalistes. "Nous pensons que l'intention était de minimiser l'intensité du séisme de référence utilisé pour les calculs", indique-t-il. Une manipulation qui aurait pu permettre d'obtenir plus facilement le certificat technique nécessaire au redémarrage de ces deux réacteurs.