Raccommoder des baskets pour sauver la planète : le pari de l’Ecole de la réparation
Ce parcours de formation rémunéré mise sur l’artisanat pour permettre à des publics éloignés de l’emploi de se remettre sur des rails compatibles avec la transition écologique. L’Ecole de la réparation animera un atelier au Festival des idées « Chaleur humaine », dimanche 18 janvier, au Théâtre de la Ville, à Paris.
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Ce parcours de formation rémunéré mise sur l’artisanat pour permettre à des publics éloignés de l’emploi de se remettre sur des rails compatibles avec la transition écologique. L’Ecole de la réparation animera un atelier au Festival des idées « Chaleur humaine », dimanche 18 janvier, au Théâtre de la Ville, à Paris.

« Aïe ! », lâche sobrement Sofiane Platel, alors que la sorte de scalpel qu’il tient d’une main pour découdre l’insigne en forme de « V » qui orne l’extérieur d’une basket blanche vient de déraper vers les doigts de la main opposée qui empoignent la chaussure. « Ce n’est rien. La douzième fois, on s’habitue », ajoute en souriant le jeune homme de 22 ans, en jogging bleu couvert d’un large tablier d’artisan, aux yeux verts aussi clairs que les rayons du soleil de janvier qui inonde le grand atelier.
Il faut dire que cela ne fait que quatre mois qu’il apprend à « dézinguer une chaussure », comme il le dit, pour mieux la raccommoder. Cet après-midi, à l’Ecole de la réparation, installée dans l’ancienne usine textile Tissel, à Roubaix (Nord), devenue une friche industrielle propriété de la ville, la séance de cordonnerie porte sur la personnalisation d’une sneaker. Il faut donc bien commencer par disséquer.
Cependant, ce que Sofiane préfère, c’est le bichonnage, qui consiste à redonner son lustre à un soulier qui pouvait passer pour irrécupérable, avant que des mains expertes le soumettent aux produits, brosses et gestes qui sauvent, jusqu’à la résurrection. Un vrai tour de passe-passe qui ne manque pas de produire son petit effet.

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Ce savoir-faire presque magique, le garçon qui jusqu’à présent ne faisait « pas grand-chose de sa vie » en ignorait jusqu’à l’existence, comme la plupart des 20 étudiants qui constituent la première promotion de cette formation professionnelle de onze mois, centrée sur la réparation des chaussures et des vêtements autant que sur celle des âmes. Il a fallu deux ans à sa directrice, Stéphanie Calvino, pour la mettre en place, sous la forme d’une association dont Sébastien Kopp, cofondateur de la marque de baskets Veja, est le président.
