Syrie : Que se passe-t-il entre l’armée et les Kurdes à Alep, théâtre de combats depuis mardi ?
Les combats, qui ont tué 21 civils, ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les Forces démocratiques syriennes au nouvel Etat
Depuis mardi, des affrontements opposant le gouvernement central syrien et les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord-est du pays, font rage à Alep, grande ville du nord de la Syrie. Au moins 21 civils ont été tués et 155.000 ont été déplacés, pour la plupart des habitants des quartiers kurdes, selon les autorités.
Ces combats, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) au sein du nouvel Etat. Combats, situation dans les zones touchées… Le point sur ce qu’il se passe dans la ville, alors que l’armée syrienne a annoncé ce samedi avoir bouclé son opération, ce que démentent les forces kurdes.
Où en sont les combats ?
Après avoir déjà pris le contrôle d’Achrafieh, l’autre quartier tenu par les Kurdes, l’armée syrienne a fait état, dans une déclaration à l’agence officielle Sana, de « l’arrêt de toutes les opérations militaires à Cheikh Maqsoud, à partir de 15 heures (13 heures en France) ». Les combattants kurdes seront « transférés » vers la ville de Tabaqa, contrôlée par les Kurdes, dans le nord-est de la Syrie, a-t-elle ajouté.
Mais les forces kurdes ont nié des « allégations sans fondement » et affirmé que les combats se poursuivaient. Des tirs étaient toujours entendus en début d’après-midi, selon des correspondants de l’AFP, qui avaient vu plus tôt l’armée entrer dans le quartier et des militaires secourir des civils bloqués dans leurs maisons.
Quelle est la situation dans les quartiers concernés ?
Vendredi, comme les jours précédents, l’armée avait permis aux civils désireux de fuir Alep d’emprunter deux « couloirs humanitaires » pour fuir les quartiers kurdes. Damas avait appelé vendredi les forces kurdes à quitter la ville, leur promettant de les acheminer en toute sécurité vers les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes dans le nord-est du pays.
Mais les combattants retranchés à Cheikh Maqsoud ont alors refusé toute reddition, affirmant vouloir « défendre » leurs quartiers. Selon une source militaire citée par la télévision officielle, elles ont « lancé des drones d’attaque sur des quartiers d’Alep » à partir de leurs positions à l’est de la ville.
Ce samedi après-midi, les autorités syriennes ont annoncé transférer des combattants qui étaient retranchés dans Cheikh Maqsoud vers la zone autonome kurde plus à l’est, après avoir pris le contrôle du quartier. Au moins quatre cars de couleur verte ont été vus en train de transporter des combattants, escortés par les forces de sécurité.