"Tristes vœux", "décevants", "mots vides" : la classe politique réagit aux vœux des Français d'Emmanuel Macron pour 2026
Le président a formulé ses vœux annuels du 31 à la télévision comme à son habitude. Les réactions des oppositions n'ont cessé de pleuvoir à la suite des mots du chef d'Etat.
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Radio France
Publié le 31/12/2025 22:31
Temps de lecture : 5min
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Emmanuel Macron présente ses vœux télévisés aux Français le 31 décembre 2024. (KIRAN RIDLEY / AFP)
"Cette année doit être et sera une année utile." "Chaque Français, a un rôle à jouer pour relever les défis qui sont devant nous." Pour clôturer l'année 2025, Emmanuel Macron a été bref. Il a prononcé ses traditionnels vœux mercredi 31 décembre, ses plus courts depuis 2017, en moins de 10 minutes. Le chef de l'Etat promet tout de même une année 2026 "utile" aux Français, en dépit de l'instabilité politique chronique qui touche le pays et de la fin de son second quinquennat pour lequel il restera "jusqu'à la dernière seconde au travail".
Après des appels récurrents à sa démission, Emmanuel Macron apparaît affaibli à un an et demi du prochain scrutin présidentiel auquel il ne pourra pas prétendre. Les forces politiques de tout l'échiquier n'ont pas manqué de vivement réagir à l'avant-dernier vœux des Français du macroniste.
À gauche
Le leader de la France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, n'a pas mâché ses mots : "qui se sent concerné par cette litanie d'annonces déjà cent fois trahies et de mots vides ? Lui-même semblait prêt à s'endormir en parlant. Quelque chose est cassé en lui et avec le pays", écrit-il mercredi soir sur X à la suite de l'allocution du président.
"Ce sont de tristes vœux", a de son côté martelé sur franceinfo la députée LFI Aurélie Trouvé. Avant de préciser qu'elle a "pensé aux mots de Dalida qui dit 'encore des mots, toujours des mots'. En réalité, lui-même, quelque part, n'y croit plus vraiment, puisqu'une majorité de Français souhaite son départ", poursuit-elle. "Pour beaucoup de Français, il y a trop de décalage entre ces vœux et la réalité du pays".
"Le président Macron, en réalité, a construit le blocage du pays par un gouvernement qui n'est absolument pas à l'image du vote des Français et à l'image de l'Assemblée nationale", achève l'élue insoumise.
Chez les Verts, "on peine à trouver les mots suite à cette allocution", lâche mercredi soir sur X la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier, après les vœux d'Emmanuel Macron pour la nouvelle année.
On peine à trouver les mots suite à cette allocution où le président semble lui-même avoir lâché l’affaire.
« Notre pays tient ». Vraiment ?
Pour qui se déplace régulièrement partout en France, la réalité est pourtant toute autre : « Non, monsieur le Président, ça ne tient…
— Marine Tondelier (@marinetondelier) December 31, 2025
"Le président semble lui-même avoir lâché l’affaire", achève la patronne des Ecologistes, candidate déclarée à l'élection présidentielle 2027.
À l'extrême droite
Au Rassemblement, ce sont "des vœux plutôt décevants, même si on ne s'attendait pas à grand-chose", déclare sur franceinfo, Edwige Diaz, députée Rassemblement National (RN) de la Gironde, présidente du groupe d'extrême droite en région Nouvelle-Aquitaine et vice-présidente du parti.
"La seule bonne nouvelle" pour cette année 2026, "c'est qu'il ne nous restera plus que l'année prochaine à entendre [Emmanuel Macron]", appuie la parlementaire. Avant de préciser avoir "été frappée par plusieurs aspects, notamment quand il s'est félicité de la situation de notre économie".p
Edwige Diaz souligne notamment le taux de chômage qui a augmenté entre 2024 et 2025 dans son département, la Gironde, ainsi que la hausse de la dette française en 2025. "Peut-être qu'il s'agit là, une fois de plus, d'un bilan imaginaire d'Emmanuel Macron" explique-t-elle encore.
Quant à "l'année utile" voulue pour 2026 par Emmanuel Macron dans son discours, l'élue RN souhaite aussi_"une année utile"_ et "constate que les huit précédentes années n'ont pas été vraiment utiles pour le pays", en référence à la durée de la présidence d'Emmanuel Macron.
À l'Union des Droites Républicaines, c'est "une nouvelle fois ce soir, Emmanuel Macron [qui] a enfoncé des portes ouvertes en enchaînant les lieux communs et les banalités convenues", écrit aussi mercredi dans la foulée sur X le président de l'UDR, Eric Ciotti, après les vœux d'Emmanuel Macron. "Le seul vœux que l’on puisse adresser à la France c’est son départ pour engager le redressement national", conclut-il.
Une nouvelle fois ce soir, Emmanuel Macron a enfoncé des portes ouvertes en enchaînant les lieux communs et les banalités convenues.
Le seul vœux que l’on puisse adresser à la France c’est son départ pour engager le redressement national !
— Eric Ciotti (@eciotti) December 31, 2025
À droite
Le président des Républicains et ancien ministre de l'Intérieur dans trois gouvernements macronistes, Bruno Retailleau, n'a pas été tendre non plus. "Emmanuel Macron souhaite que l’année 2026 soit utile. On ne peut qu’y souscrire. Encore faudra-t-il pour cela ne pas sacrifier l’avenir au présent", réagit le sénateur vendéen.
Emmanuel Macron souhaite que l’année 2026 soit utile. On ne peut qu’y souscrire. Encore faudra t’il pour cela ne pas sacrifier l’avenir au présent.
Ce sera tout le défi des mois à venir. J’y prendrai toute ma part.— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) December 31, 2025
"Ce sera tout le défi des mois à venir. J’y prendrai toute ma part", ajoute-t-il.