« Une des conséquences inévitables du vieillissement démographique, en France, est la hausse des dépenses sociales »
Le vieillissement démographique, dans l’Hexagone, freine durablement la croissance et creuse les déficits sociaux, tout en maintenant un taux d’épargne et une demande d’actifs risqués élevés, constate l’économiste Patrick Artus, dans sa chronique.
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Chronique
[
Patrick Artus
Conseiller économique d’Ossiam et membre du Cercle des économistes
](https://www.lemonde.fr/signataires/patrick-artus/)
Le vieillissement démographique, dans l’Hexagone, freine durablement la croissance et creuse les déficits sociaux, tout en maintenant un taux d’épargne et une demande d’actifs risqués élevés, constate l’économiste Patrick Artus, dans sa chronique.
Publié hier à 11h00 Temps de Lecture 4 min.
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Le vieillissement démographique touche désormais presque tous les pays, à l’exception de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud. Mais quels sont ses effets pour la France ?
La première conséquence est le freinage de la croissance. La population en âge de travailler (15-64 ans) recule à partir de 2023 et devrait diminuer de 0,1 % par an entre 2025 et 2030, ce qui réduit mécaniquement le potentiel de croissance. Il est probable que les gains de productivité diminuent aussi avec le vieillissement, en raison de la moindre agilité des personnes âgées pour les emplois manuels et les emplois à contenu technologique important. En France, la productivité du travail progressait de 0,9 % par an de 2010 à 2018 ; depuis son pic de 2019, elle a reculé et se situe aujourd’hui 2,5 % en dessous de son niveau du troisième trimestre 2019. En cumulant recul de la population active et stagnation de la productivité, la seule source possible de croissance devient la hausse du taux d’emploi, ce qu’on observe : le taux d’emploi des 15-64 ans est passé de 66,4 % en 2019 à 69,4 % au troisième trimestre 2025. La croissance s’annonce durablement faible.
Sous-indexation structurelle
La seconde conséquence, tout aussi inévitable, du vieillissement démographique est la hausse des dépenses sociales et le déficit croissant des régimes de protection sociale si aucune politique correctrice n’est mise en œuvre. Cela est vrai pour les régimes de retraite. Le ratio cotisants/retraités doit passer de 1,67 en 2025 à un niveau compris entre 1,3 et 1,4 en 2050, dans un contexte de baisse rapide de la fécondité (1,62 enfant par femme en 2024) et d’incertitude sur la réforme des retraites et l’indexation des pensions sur les prix. A règles inchangées, le déficit des systèmes de retraite passerait d’environ 7 milliards d’euros en 2025 à 30 milliards en 2045, selon la Cour des comptes.