Waze, engins "cachés"... Comment les tracteurs ont déjoué les contrôles de police pour entrer dans Paris
Malgré l'interdiction et le déploiement des forces de l'ordre autour de la capitale, les agriculteurs en colère ont pu bloquer des axes routiers importants et des lieux symboliques.
Malgré l'interdiction et le déploiement des forces de l'ordre autour de la capitale, les agriculteurs en colère ont pu bloquer des axes routiers importants et des lieux symboliques.
Objectif atteint. Et parfois à leur plus grande surprise. Les premiers convois d'agriculteurs sont entrés dans Paris jeudi 8 janvier, peu avant 6h. Champs-Élysées, tour Eiffel, une partie du périphérique... Une centaine de tracteurs ont pu entrer dans Paris, malgré le déploiement des forces de l'ordre autour de la capitale. Un arrêté de la préfecture de police avait interdit l'accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale, notamment l'Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.
Les agriculteurs protestent contre la politique du gouvernement en matière de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et contre le projet d'accord avec les pays du Mercosur. "Actuellement, une centaine de tracteurs sont dans Paris, mais la plupart sont bloqués aux portes de la capitale", communique le ministère de l'Intérieur, qui comptabilise "une vingtaine de tracteurs dans Paris intra-muros". La Coordination rurale, elle, compte "500 tracteurs sur l'ensemble de Paris".
"Je regrette cette situation car nous sortons de trois journées particulièrement compliquées en matière de mobilité et de déplacements dans la France entière, mais particulièrement en Ile-de-France", explique ainsi le ministre des Transports Philippe Tabarot sur France 2.
Pourtant, ils l'avaient annoncé, malgré les avertissements des autorités, comme Annie Genevard, ministre de l'Agriculture : "Oui", l'objectif était bien de bloquer Paris, confiait ainsi sur franceinfo François Walraet, secrétaire général de la Coordination Rurale.
Ces convois d'agriculteurs, à l'appel du syndicat Coordination rurale, ont contourné et forcé "parfois en prenant des risques totalement inconsidérés" les barrages mis en place dans la grande couronne et la petite couronne de Paris, rétorque de son côté le ministère de l'Intérieur. Mais les agriculteurs de la Coordination rurale de Gironde et de l'Essonne l'assurent : ils sont arrivés au cœur de Paris sans forcer aucun barrage. Et pour cause, les manifestants ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre... et utilisé un outil bien connu des automobilistes : l'application GPS de navigation Waze.
"C'est un super copilote, Waze !, raconte Ludovic Ducloux, coprésident de la CR33, contacté par franceinfo. On avait tous les barrages de gendarmes indiqués, donc on les a tous contournés, on est parti en petits groupes. L'application nous a indiqué de passer par la Porte de Gentilly sur le périphérique, et de là, il n'y avait pas de gendarme. ".